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Patrimoine local
Le Hameau de Sales
Si le village de Lacabarède se niche dans un étranglement de la vallée, sur la rive gauche du Thoré, son domaine communal s’étire cependant jusqu’au hameau de Sales, perché, à 9 kilomètres au sud, sur un plateau élevé de la Montagne Noire, aux confins des trois départements de l’Hérault, du Tarn et de l’Aude, d’où le nom de « Fontaine des Trois évêques » donné à la source qui jaillit en cet endroit, ancienne frontière entre le monde Romain et le monde Wisigoth, entre la Narbonnaise et l’Aquitaine.
Le nom de Sales, tout comme celui donné au col de « Salette » un peu plus haut, à 908 mètres, pourrait évoquer une demeure seigneuriale (latin « sala »).
Les eaux du plateau sur lequel est assis le hameau se partagent entre le versant Méditerranéen et le versant Atlantique. Cette situation stratégique à proximité de deux régions fondamentalement différentes, qui faisait de Sales une aire de marché et d’échange, a valu au hameau une certaine prospérité dans les temps anciens. Preuve de l’importance du village : l’église fut érigée en paroisse au Concordat.
Bien que desservi par la route d’Albine à Caunes, et bien que la route de Ferrals le mette en communication avec Labastide-Rouairoux, le hameau repose dans un splendide isolement. Les constructions de schiste se fondent dans ce paysage fantomatique quand il est nimbé de brumes. Les combes humides sont peuplées de saules et d’aulnes et sur les hauteurs se dressent des hêtres pleins de majesté. Les autochtones habitent des fermes quelque peu distantes les unes des autres. Des néo-ruraux que ne rebutent pas les rigueurs hivernales sont venus occuper les habitations vacantes du hameau.
Le visiteur curieux pourra faire le tour du pâté de maisons serrées frileusement les unes contre les autres, admirer au passage les tableaux exposés par des peintres locaux, s’arrêter devant l’église rustique restaurée par des bénévoles amoureux du site, s’attarder dans le cimetière qui jouxte l’église pour décrypter sur les pierres des traces du passé… Le promeneur ou le randonneur confirmé, selon le temps dont il dispose ou selon ses capacités, suivra un circuit balisé sur le plateau ou bien, après avoir franchi les crêtes, s’enfoncera dans la vallée du Haut Minervois, à moins qu’il ne choisisse de monter jusqu’au Pic de Nore… Quant au rêveur épris de solitude, poussant courageusement ses pas jusqu’au Roc de Peyremaux, cet amas de rochers qui forme une bosse si grosse qu’elle est visible de la Vallée, bien abritée du vent dans un creux de rocher, près du ciel à le toucher, il pourra se livrer à un exercice de contemplation.
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